« La liberté, ce bien qui fait jouir des autres biens », écrivait Montesquieu. Et Tocqueville : « Qui cherche dans la liberté autre chose qu’elle même est fait pour servir ». Qui s’intéresse aujourd’hui à la liberté ? A celle qui ne se confond pas avec le libéralisme économique, dont on mesure combien il peut être source de prospérité mais aussi d’inégalités et de contraintes sociales ? A celle qui fonde le respect de la vie privée et la participation authentique à la vie publique ? La liberté devrait être au cœur de la démocratie et de l’Etat de droit. En même temps, elle ne peut être maintenue et garantie que par la vigilance et l’action des individus. Ils ne sauraient en être simples bénéficiaires ou rentiers, ils doivent non seulement l’exercer mais encore surveiller attentivement ses conditions d’exercice. Tâche d’autant plus nécessaire dans une période où les atteintes qui lui sont portées sont aussi insidieuses que multiples.


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vendredi 6 novembre 2026

Les textos du Prince


Françoise Degois a publié tout récemment, début novembre 2026, un livre intitulé : "Vous êtes tous trop durs avec moi". Cette phrase quelque peu plaintive illustre le contenu de l'ouvrage, qui reproduit les échanges qui se sont déroulés sur Telegram pendant deux ans, entre le Président de la République et la journaliste On y parle de tout, de la dissolution de l'Assemblée nationale, des rapports avec le Premier ministre, etc... On formule même des jugements dénués de tendresse sur les responsables politiques. Il serait peut-être utile de s'interroger sur la légèreté d'un Président qui fait des confidences à une journaliste, et sur l'élégance de celle qui livre au public une correspondance privée.

Précisément, si l'on écarte cette approche politique, les questions juridiques apparaissent et elles sont d'autant plus intéressantes qu'elles sont rarement posées.


Vie privée et débat d'intérêt général


A priori, le Président de la République bénéficie du droit au respect de sa vie privée, comme n'importe quel citoyen. Ce droit est garanti par l'article 9 du code civil, issu de la loi du 17 juillet 1970, ainsi que par l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme. Le juge peut, sur ce fondement, ordonner des mesures destinées à mettre fin à une éventuelle atteinte à la vie privée, y compris en référé.

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a, sur ce point, développé une jurisprudence qui distingue le caractère privé d'une communication, et le caractère privé des informations qu'elle contient. Un message envoyé confidentiellement peut ainsi porter sur des sujets relevant du débat d'intérêt général.

Pour la CEDH, la protection de la vie privée peut donc varier dans son intensité en fonction de l'intérêt général de cette diffusion. Dans la célèbre décision de Grande Chambre Axel Springer AG c. Allemagne du 7 février 2012, la Cour affirme qu'il faut distinguer les personnes privées des personnalités publiques, particulièrement lorsque les informations confiées concernent l'exercice de leurs fonctions. Par la suite, la décision, toujours de Grande Chambre Couderc et Hachette Filipacchi Associés du 10 novembre 2015, se montre particulièrement compréhensive à l'égard de la notion de débat d'intérêt général. Elle estime en effet que la révélation d'un "enfant caché" du prince de Monaco contribue à un tel débat.

Le juge apprécie ainsi la contribution de la publication au débat d'intérêt général. Si la notoriété ne fait pas disparaître la vie privée, elle modifie l'équilibre entre la liberté de la presse et le droit au respect de la vie privée.

Les juges français appliquent cette jurisprudence. Dans un arrêt du 1er mars 2017, la première chambre civile de la Cour de cassation impose aux juges du fond d'apprécier l'ensemble de la publication, et non pas un simple extrait, pour déterminer si elle contribue au débat d'intérêt général.

Une affaire assez proche concerne la publication par Le Monde de conversations entre Claude Guéant et sa fille, à partir d'écoutes téléphoniques judiciaires. La première chambre civile, le 8 décembre 2021, écarte la responsabilité du journal, estimant que ces conversations contribuent à éclairer le public sur l'affaire du financement libyen de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy. Cette décision est ensuite confirm
ée par la CEDH le 11 septembre 2025, dans l'arrêt Charki c. France.

Si l'on considère cette construction jurisprudentielle, il apparait clairement que les confidences du Président de la République, surtout quand elles portent sur l'exercice de ces fonctions, relèvent du débat d'intérêt général. 


Tu parles trop. Eddy Mitchell. 1961


L'hypothèse des poursuites pénales


On peut tout de même se demander si le Président ne pourrait pas engager des poursuites pénales à l'encontre de Françoise Degois.

La violation du secret de la correspondance est réprimée par l'article 226-15 du code pénal, et punie d'un an d'emprisonnement et 45000 € d'amende. Son second alinéa précise que la divulgation d'une correspondance émise par voie électronique est passible des mêmes peines. Encore est-il nécessaire que la divulgation soit faite "de mauvaise foi". On pourrait penser que ces dispositions s'appliquent au cas de Françoise Degois.

Mais il n'en est rien. A propos d'un employeur qui avait utilisé les courriels personnels envoyés par un salarié à partir de son téléphone professionnel, la chambre criminelle, dans un arrêt du 24 mars 2020 rappelle que la mauvaise foi est caractérisée lorsque l'on divulgue une correspondance dont on sait qu'elle ne vous est pas destinée.

Or, précisément, Françoise Degois était destinataire des communications Telegram du Président de la République. Elle se borne à diffuser des messages qu'elle a reçus. Il est donc bien peu probable qu'un juge la condamne pour violation d'une correspondance qui lui était destinée.

Le délit d'atteinte à la vie privée de l'article 226-1 du code pénal ne semble guère plus utile. Il sanctionne la captation, l'enregistrement ou la transmission de paroles prononcées à titre privé, sans le consentement de l'intéressé. Mais en l'espèce, aucune parole n'est captée à l'insu du Président. Les messages sont écrits, et l'incrimination n'est donc pas adaptée.

Enfin, on oubliera la protection du droit d'auteur, car il semble difficile de qualifier les messages du Président d'"oeuvres de l'esprit".


L'hypothèse de la déontologie


Le droit français ne comporte pas de code de déontologie des journalistes dont la violation constituerait une infraction pénale. Certes, la Déclaration de Munich de 1971, comme la Charte d'éthique professionnelle du Syndicat national des Journalistes condamnent les méthodes déloyales destinées à obtenir de l'information. On pourrait alors considérer que Françoise Degois a laissé croire au Président qu'elle avait avec lui des conversations privées, alors qu'elle envisageait de publier les propos qu'il tenait.

Certes, mais ces textes n'apportent rien de concret dans cette affaire. D'une part, leur valeur juridique n'impose pas de réelle contrainte. Ce sont des instruments d'autorégulation, dépourvus de portée réelle. D'autre part, il faudrait prouver le manquement aux obligations déontologiques et, en l'espèce, la preuve est impossible. Françoise Degois n'a sans doute violé aucune clause de confidentialité, tout simplement parce que le Président de la République a omis d'en exiger une. 

Bien entendu, cette situation ne fait pas disparaître le problème éthique. Cette correspondance bilatérale de plus de deux années a été engagée sans perspective avouée de publication. La confiance accordée par le Président reposait donc sur une information fausse.

Il est à peu près certain que l'affaire va en rester là. D'abord parce que le Président n'a pas intérêt à se plaindre, et surtout pas devant les tribunaux. Certes, la décision Thiam c. France rendue par la CEDH le 18 octobre 2018 a admis la constitution de partie civile de Nicolas Sarkozy dans une affaire où il avait été victime d'une escroquerie sur sa carte de crédit. Mais la situation d'Emmanuel Macron est bien différente. S'il portait plainte contre Françoise Degois, il serait immédiatement accusé de vouloir museler la presse.

Quoi qu'il en soit, et quoi que l'on pense de la démarche de Françoise Degois, il n'en demeure pas moins que le secret des conversations n'est plus un obstacle absolu à l'information des citoyens sur la manière dont les gouvernants exercent le pouvoir. C'est en soi une bonne chose. Quant au Président, alors que son second mandat s'achève, on aurait pu penser qu'il avait intégré les obligations de prudence et de réserve liées à sa fonction. 


Le débat d'intérêt général dans le manuel de Libertés publiques : chapitre 8 section 4 § 1 C

vendredi 30 octobre 2026

HATVP : La transparence sous surveillance


Dans deux arrêts d'assemblée du 29 octobre 2026, le Conseil d'État, statuant en assemblée, s'inscrit résolument dans un mouvement d'affaiblissement général des instruments juridiques de prévention de la corruption. Les deux décisions concernent la même personne, Eric Lombard, ministre de l'Économie du gouvernement Bayrou de décembre 2024 à octobre 2025. 

La première décision est particulièrement importante car c'est la première fois que le Conseil se prononce sur la déclaration d'intérêts d'un ministre. Saisi par le Premier ministre, il juge que la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a pour mission de vérifier si l'ensemble des intérêts déclarés par un ministre sont d'une intensité suffisante pour influencer, ou sembler influencer, l'exercice impartial de ses fonctions. Mais il ne lui appartient pas, ajoute le Conseil d'État, de se prononcer sur l'existence d'un risque pénal. La délibération de la HATVP est donc annulée.

La seconde décision porte, quant à elle, sur la mobilité envisagée par le même Eric Lombard, à l'issue de ses fonctions ministérielles. La HATVP a estimé, dans une autre délibération, que son choix de rejoindre en octobre 2025 la Société du Grand Théâtre des Champs Elysées comme membre du conseil d'administration était incompatible avec les fonctions qu'il avait exercées comme directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations jusqu'en décembre 2024. Le Conseil d'Etat annule cette seconde délibération, comme la première. Il estime que la HATVP n'a pas à déterminer si les éléments constitutifs du délit de prise illégale d'intérêts sont en l'espèce réunis. Elle doit seulement apprécier le risque qu'ils le soient. La différence est de taille, car le contrôle de ce risque relève du Conseil d'État. 

On comprend donc que ces décisions ont surtout pour effet de placer la HATVP sous le contrôle étroit du Conseil d'État. 


La HATVP


La HATVP a été créée par la loi du 11 octobre 2013, à la suite de l'affaire Cahuzac. Autorité administrative indépendante, elle dispose d'un collège associant des membres de la Cour de cassation, du Conseil d'État et de la Cour des comptes, ainsi que des membres nommés par les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat.

Ses missions se sont progressivement étendues. Au contrôle des déclarations de patrimoine et d'intérêts des responsables publics se sont ajouté la prévention des conflits d'intérêts, le contrôle des mobilités entre le secteur public et le secteur privé, la régulation du lobbying et, plus récemment, la transparence des activités d'influence étrangère. 

Les dispositifs mis en oeuvre demeurent toutefois exclusivement préventifs. Éric Lombard devait déclarer patrimoine et intérêts détenus au moment de son entrée au gouvernement ainsi que durant les cinq années précédentes. La HATVP pouvait demander des explications et des documents, formuler des observations et finalement saisir le parquet. En l'espèce des signalements au parquet ont bien été effectués, mais par des tiers, pas par la Haute Autorité. A ce jours, aucune poursuite ne semble avoir été engagée.



Avoir un bon copain. Henri Garat
Le chemin du Paradis. Max de Vaucorbeil. 1930


Le conflit d'intérêts


L’article 2 de la loi de 2013 définissait le conflit d’intérêts comme une interférence entre un intérêt public et d’autres intérêts publics ou privés susceptible d’influencer, ou de paraître influencer, l’exercice impartial d’une fonction. 

En mai 2025, la HATVP a examiné les intérêts déclarés par Éric Lombard, ancien directeur de la Caisse des Dépôts, ayant exercé des responsabilités dans différentes sociétés du groupe. Elle considère alors qu'il pourrait être exposé à des conflits d'intérêts, voire au délit de prise illégale d'intérêts prévu par l'article 432-12 du code pénal. Elle préconise donc des déports concernant la Caisse des Dépôts, la Poste, Bpifrance et le Grand Théâtre des Champs Élysées. Concrètement, cela signifie que ses compétences dans le contrôle de ces institutions seraient transférées au Premier ministre.

Le Conseil d'Etat concède que la cessation d'une fonction n'efface pas nécessairement les liens d'intérêts susceptibles de compromettre l'impartialité d'un membre du gouvernement. Il est vrai que c'est le principe même de la loi.

En revanche, il fait une lecture étroite de la compétence de la HATVP. Il affirme en effet qu'elle ne saurait déduire de l'activité concurrentielle exercée par une filiale l'existence d'intérêts divergents de ceux de l'établissement public qui la contrôle. Une telle appréciation exige une véritable enquête, examen des statuts, de la gouvernance, de l'actionnariat et du fonctionnement de la société. Le risque de conflit d'intérêts ne se présume pas la HATVP n'est pas compétente pour se prononcer. La prévention des conflits d'intérêts dans les grands groupes publics devient clairement plus difficile.


L'appréciation du risque pénal


Pour le contrôle d'une déclaration ministérielle, la HATVP ne peut donc apprécier le risque de commission du délit de prise illégale d'intérêts. Pour le Conseil d'État, la loi de 2013 ne lui confère pas une telle compétence.

Certes, mais dans son arrêt du 4 novembre 2020, le même Conseil d'État avait pourtant jugé que la Haute Autorité pouvait apprécier le risque pénal lors du contrôle des mobilités d'agents publics vers le secteur privé. Il avait même reconnu que ses avis dans ce domaine étaient susceptibles de recours. Appliquant cette jurisprudence, il avait ainsi admis, dans une décision du 20 juin 2023, la légalité de l'avis d'incompatibilité d'un ancien secrétaire d'État au numérique qui souhaitait intégrer le conseil d'administration d'Atos. La HATVP était alors considérée comme compétente pour apprécier le risque de prise illégale d'intérêts, délit prévu par l'article 432-13 du code pénal. Surtout, la seconde décision du 29 octobre 2026, concernant cette fois la mobilité d'Éric Lombard, confirme que la Haute Autorité peut, dans ce cas, apprécier le risque pénal.

On peut résumer la jurisprudence fort simplement. Quand un ministre entre au gouvernement, il est interdit d'apprécier le risque pénal à partir des éléments figurant dans sa déclaration. Quand il quitte le gouvernement et organise sa mobilité, il devient possible d'apprécier le risque pénal.

Certes, l'article L 124-12 du code général de la fonction publique  autorise expressément cette appréciation en matière de mobilité, alors que la loi de 2013 ne mentionne pas formellement cette appréciation dans le cas des déclarations d'intérêts des ministres. C'est évidemment le motif essentiel du Conseil d'État pour justifier son interprétation.

Mais cela ne retire rien au caractère très discutable de la distinction. Pourquoi prévenir un délit potentiel lorsqu’un ministre quitte ses fonctions et redevient un fonctionnaire qui veut pantoufler, mais interdire cette appréciation lorsqu’un ministre entre au Gouvernement ? Il ne s'agit pourtant pas de constater une infraction constituée, fonction réservée au juge pénal, mais simplement d'en prévenir la réalisation. 


Couper les ailes de la HATVP


De ces deux décisions, on pourrait conclure que le Conseil d'État ne fait que prendre acte d'une lacune du législateur. Si ce n'est que le droit positif tend à alléger, autant que possible, les contraintes liées à la lutte contre la corruption. La loi du 22 décembre 2025 réduit ainsi la définition du conflits d'intérêts à l'interférence entre intérêts publics et intérêts privés, comme si les conflits entre intérêts publics n'existaient pas.

Quant à la HATVP, elle se trouve entravée par un mouvement contradictoire. D'un côté, ses compétences ont été élargies, de l'autres, ses moyens juridiques demeurent inégaux selon ses missions et généralement peu efficaces. Elle peut bénéficier du concours de l'administration fiscale, mais seulement pour les déclarations de patrimoine. Elle peut faire des contrôles sur place sur autorisation judiciaire, mais seulement en matière de lobbying. Ses possibilités de sanction restent très modestes.

Les deux décisions du 29 octobre 2026 témoignent ainsi d'une orthodoxie contentieuse qui conduit à couper les ailes d'une institution pourtant fort utile. Il ne reste qu'à espérer qu'elles permettront d'ouvrir le débat déjà engagé par le président de la HATVP, Jean Maïa qui, dans le bilan de l'institution, en mai 2026 avait demandé le renforcement de son droit de communication et de son pouvoir de sanction, en cas de manquement déclaratif. Il suggérait même de rebaptiser l'institution "Haute Autorité pour l'intégrité publique". Le 30 septembre 2026, le gouvernement a annoncé un projet de loi qui ne semble pas avoir été déposé, à ce stade.

En tout cas, pour le moment Éric Lombard peut remercier le Conseil d'État. Le fait de soustraire certains biens, notamment immobiliers, dans sa déclaration de patrimoine n'était sans doute qu'une petite erreur matérielle. Quant à sa mobilité, elle est acquise, et un confortable pantouflage lui permet d'oublier la brièveté de ses fonctions ministérielles. Heureusement que le Conseil d'État est protecteur des libertés publiques... et champion de la lutte contre la corruption.


Les autorités administratives indépendantes dans le manuel de Libertés publiques : chapitre 3 section 3 § 1

jeudi 17 septembre 2026

L'appel au boycott des produits israéliens, instrument du débat public

 

 


La décision rendue le 8 septembre 2026 par la chambre criminelle de la Cour de cassation confirme l'ordonnance de non-lieu concernant la plainte déposée à l'encontre d'Olivia Zémor, présidente d'EuroPalestine, pour le délit prévu par l'article 225-2 du code pénal, la "provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence en raison de l'origine, l'ethnie (...) par l'entrave à l'exercice normal d'une activité économique". En l'espèce, elle était poursuivie pour avoir initié une campagne appelant au boycott des médicaments génériques commercialisés par une entreprise pharmaceutique israélienne. 

 

Le non- lieu a été confirmé par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris le 12 février 2025. Un pourvoi a été déposé par l'association Avocats sans frontières, fondée en 1983 par l'avocat Gilles-William Goldnadel et de droit israélien depuis 2000. Elle ne doit pas être confondue avec l'association Avocats Sans Frontières France qui oeuvre en faveur des droits de l'homme et du droit à procès équitable dans le monde, et qui n'a aucun lien avec la précédente.

 

En rejetant le pourvoi, la Cour consolide la protection de l’appel politique au boycott, déjà engagée dans la jurisprudence antérieure.



 


Scène du boycott

La Belle Verte. Coline Serreau 1996

 

 

La jurisprudence Baldassi

 

 

Ce rejet n'a rien d'inattendu. Il trouve directement son origine dans l’arrêt rendu Baldassi et autres c. France rendu le 11 juin 2020 par la Cour européenne européenne des droits de l'homme (CEDH). Elle affirme que « le boycott est avant tout une modalité d’expression d’opinions protestataires ». L’appel au boycott bénéficie donc de la protection de l’article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme, à la condition toutefois qu'il participe à un débat d’intérêt général.

 

Il demeure donc possible de sanctionner l'appel au boycott, si, en l'absence d'un tel débat, il s'analyse comme un appel à l’intolérance, à la haine ou à la violence. Mais dans l’affaire Baldassi, l'appel au boycott concernait les produits importés d'Israël. Il était formulé dans des tracts distribués devant les supermarchés, qui laissaient évidemment les consommateurs libres de le suivre ou non. Après une relaxe prononcée par le tribunal correctionnel de Colmar, la cour d'appel de Colmar, puis la Cour de cassation le 20 octobre 2015 avaient condamné les membres du collectif Boycott, Désinvestissement et Sanctions pour provocation à la discrimination.

 

Mais les juges français n’avaient pas caractérisé un contexte de haine ou de violence. Ils n'avaient même pas cherché à expliquer pourquoi une telle sanction était nécessaire pour protéger les droits des entreprises israéliennes. La France avait donc violé l’article 10, et l'arrêt Baldassi met fin à une conception considérant le boycott comme discriminatoire dans son essence même.

 

Depuis l'affaire Baldassi, les juges du fond français se sont ralliés à la jurisprudence européenne.

 

A propos de la même campagne de boycott portant sur l'entreprise de médicaments génériques, la chambre criminelle, le 17 octobre 2023, avait déjà tiré les conséquences de la jurisprudence européenne. Les appels au boycott étaient analysés comme une action militante en faveur de la cause palestinienne. Ils ne visaient pas l'entreprise "en raison de sa seule appartenance à la nation israélienne, mais « en raison de son soutien financier supposé aux choix politiques des dirigeants de ce pays à l’encontre des Palestiniens ». La Cour avait néanmoins réitéré le principe selon lequel l’appel au boycott peut dégénérer en appel à la discrimination ou à l’intolérance, s'il ne s'inscrit pas dans un contexte de débat d'intérêt général.

 

Cet alignement des planètes jurisprudentielles a-t-il eu pour effet de figer le droit positif en matière d'appel au boycott ?

 

 

 

Elargir le contenu du débat d'intérêt général

 

 

 

La décision du 8 septembre 2026 ne se borne pas à reproduire celle du 17 octobre 2023. Elle élargit le contenu du débat d’intérêt général auquel participe le boycott.

 

Dans Baldassi, celui-ci concernait principalement le respect du droit international et les droits de l’homme dans les territoires occupés. En 2023, il était étendu aux liens financiers entre une entreprise et la politique de l’État israélien. En 2026, il englobe plus nettement l’information du consommateur sur ces liens et l’usage politique qu'il peut faire de son pouvoir d’achat. Les conséquences politiques des choix de consommation deviennent clairement un objet légitime du débat public. Le boycott n'est plus seulement un élément de la liberté d'expression mais aussi un instrument d'action politique des consommateurs.

 

Il convient sans doute de s'interroger sur la formule employée par la chambre criminelle qui, en l'espèce, définit le débat d’intérêt général comme portant sur « le respect du droit international public par l’État d’Israël » et sur « la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés ». La formule est exactement celle employée par la CEDH dans l'affaire Baldassi. L'intérêt général ne se réduit donc pas aux pratiques commerciales de l'entreprise. Il demeure essentiellement politique et juridique, portant sur le comportement de l'Etat d'Israël et sur le sort de la population palestinienne.

 

La Cour de cassation préfère invoquer le droit international public et la situation des droits de l'homme, plutôt que le droit humanitaire pourtant largement en cause, dès que le traitement des Palestiniens concernait le droit de l'occupation et de la protection des populations civiles, toutes questions relevant de la IVe Convention de Genève. 

 

Qu'il ne soit pas mentionné ne permet pas déduire l'absence juridique du droit humanitaire qui s'analyse comme une branche du droit international public auquel il est fait référence. Cette définition plus englobante évite de transformer le procès pénal d'Olivia Zémor en jugement sur la responsabilité internationale d'Israël, voire sur la responsabilité pénale de ses dirigeants. Sur le plan strictement contentieux, le juge n'a pas à établir que les violations dénoncées par l'appel au boycott sont juridiquement avérées. Pour démontrer l'existence d'un débat d'intérêt général, il lui suffit de constater qu'elles font l'objet d'une controverse politique sérieuse. On retrouve ici l'économie de moyens d'un juge pénal, habitué à interpréter la règle de manière étroite. 

 

Il n'en demeure pas moins que la décision du 8 septembre 2026 consacre une conception très large de la liberté d’expression. Celle-ci ne protège pas seulement le droit de commenter la politique d’un État. Elle couvre également les formes d’action pacifique par lesquelles une opinion se manifeste. Le boycott n’est plus seulement toléré comme une conséquence du débat public. Il est reconnu comme l’un de ses instruments. On devrait sans doute remercier l'association requérante d'avoir fait progresser la liberté d'expression, même si ce n'est généralement pas sa préoccupation essentielle.

 

 

L'appel au boycott  dans le manuel de Libertés publiques : chapitre 9 section 2 introduction


 

 

 

lundi 24 août 2026

L'édition 2026 du manuel de Libertés publiques : La table des matières

 

Le manuel de "Libertés publiques" publié sur Amazon présente l'originalité d'être accessible sur papier, mais aussi par téléchargement  pour la somme de 6 euros. Il peut être lu sur un ordinateur ou une liseuse. 

Ce choix d'élargir le support d'un ouvrage universitaire s'explique par la volonté d'offrir aux étudiants un manuel adapté à leur budget mais aussi à leurs méthodes de travail. Ils trouvent aujourd'hui l'essentiel de leur documentation sur internet, mais ils ne sont pas toujours en mesure d'en apprécier la pertinence. Bien souvent, ils piochent un peu au hasard, entre des informations anciennes ou fantaisistes.

Le manuel de "Libertés publiques" proposé sur Amazon répond aux exigences académiques et il est actualisé 6 août 2026, ce qui signifie qu'il intègre la loi sur la fin de vie, la notion de victimisation secondaire, le droit à un environnement sain etc. Il fait l'objet d'une actualisation en temps réel, grâce à la nouvelle rubrique "Au fil de l'eau" du site "Liberté Libertés Chéries" et aux articles figurant sur le blog. Le manuel et le site sont donc conçus comme complémentaires.
 
Nombre d'écrits sur les libertés et les droits de l'homme relèvent aujourd'hui de la rhétorique et du militantisme, au risque de déformer la réalité juridique.  Cette publication propose une approche juridique, qui ne s'adresse pas seulement au public universitaire,  étudiants et enseignants, mais aussi à tous ceux qui ont à pratiquer ces libertés. Une connaissance précise du droit positif est nécessaire, aussi bien pour les étudiants que pour les citoyens. C'est donc un panorama très large des libertés et de la manière dont le droit positif les garantit qui est ici développé. 

En témoigne, le plan de l'ouvrage que LLC met à disposition de ses lecteurs.



TABLE DES MATIÈRES 


I – LES LIBERTÉS PUBLIQUES COMME OBJET JURIDIQUE 

A – Diversité des terminologies

B – Caractère évolutif

1° - Une évolution détachée de l’idée de progrès

2° - Une adaptation aux évolutions de la société

C – Contenu des libertés publiques

II – LA MISE EN ŒUVRE

DES LIBERTÉS PUBLIQUES

A – L’autorité de la règle

B – Le respect des procédures

C – L’idée de justice ou d’équité


PREMIÈRE PARTIE LE DROIT DES LIBERTÉS PUBLIQUES


CHAPITRE 1 LA CONSTRUCTION DES LIBERTÉS PUBLIQUES


SECTION 1 : ÉVOLUTION HISTORIQUE

§ 1 – Les doctrines individualistes et la prédominance du droit de propriété

A – La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789

B – Le retour à l’ordre par l’affirmation du droit de propriété

§ 2 – Les doctrines des droits sociaux

A – Les textes précurseurs

B – La conciliation entre l’État libéral et les droits sociaux

C – Le Préambule de la constitution de 1946


SECTION 2   L’INTERNATIONALISATION  DES DROITS DE L’HOMME

§ 1 – Les limites de l’approche universelle

A – La suprématie du déclaratoire

B – Des garanties peu efficaces

§ 2 – Le succès de l’approche européenne

A – Les droits garantis : le parti-pris libéral

B – Le recours devant la Cour européenne des droits de l’homme

C – L’Union européenne et les droits de l’homme


CHAPITRE 2. L’AMÉNAGEMENT. DES LIBERTES PUBLIQUES


SECTION 1 : LE DROIT COMMUN

§ 1 – Le régime répressif

§ 2 – Le régime préventif

§ 3 – Le régime de déclaration préalable


SECTION 2. LE DROIT DES PÉRIODES D’EXCEPTION

§ 1 – Les régimes constitutionnels

§ 2 – Les régimes législatifs : l’état d’urgence et l’état d’urgence sanitaire


CHAPITRE 3  LES GARANTIES JURIDIQUES C

ONTRE LES ATTEINTES AUX LIBERTÉS


SECTION 1. LES TRAITÉS INTERNATIONAUX

§ 1 – La primauté de la Constitution sur les traités non ratifiés

§ 2 – La primauté de la Constitution sur les traités ratifiés


SECTION 2 : LES LOIS

§ 1 – Le Conseil constitutionnel ou la conquête du statut juridictionnel

A – L’indépendance et l’impartialité du Conseil constitutionnel

B – Le caractère contradictoire de la procédure

C – L’autorité de chose jugée

§ 2 – Élargissement du contrôle de constitutionnalité

A – Le contrôle avant promulgation

B – Le contrôle de la loi promulguée : la QPC


SECTION 3 LES ACTES DE L’ADMINISTRATION

§ 1 – Les autorités administratives indépendantes

§ 2 – La protection juridictionnelle

A – Le juge judiciaire

B – Le juge administratif


CONCLUSION DE LA 1ERE PARTIE LA CLASSIFICATION

DES LIBERTES PUBLIQUES

§ 1 – Les classifications fondées sur le rôle de l’État

§ 2 – Les classifications fondées sur le contenu des libertés.


DEUXIÈME PARTIE. LES LIBERTES. DE LA VIE INDIVIDUELLE

CHAPITRE 4  LA SÛRETÉ


SECTION 1 LE DROIT COMMUN DE LA SÛRETÉ

§ 1 – Les principes généraux du droit pénal

A – La légalité des délits et des peines

1° - Définition et interprétation de la loi pénale

2° - Contenu de la loi pénale : nécessité de la peine

3° - Accessibilité et intelligibilité de la loi pénale

B – Le principe de non-rétroactivité de la loi pénale

C – La présomption d’innocence

1° - C’est à l’accusation de convaincre de la culpabilité

2° - Le doute profite à l’accusé

3° - La personne est juridiquement innocente tant que sa culpabilité n’a pas été constatée par un juge

D – L’indépendance et l’impartialité des juges

1° - L’indépendance

2° - L’impartialité

§ 2 – Principes généraux de la procédure pénale

A – Le droit au juge

1° - Le droit de saisir le juge

2° - La célérité de la justice

3° - La gratuité de la justice

4° - Les droits des victimes et la victimisation secondaire

B – Le débat contradictoire

1° - L’accès au dossier

2° - L’assistance d’un avocat


SECTION 2 LES GARANTIES PARTICULIÈRES DE LA SÛRETÉ

§ 1 – Les atteintes à la sûreté antérieures au jugement

A – Le contrôle et la vérification d’identité

B – La garde à vue

C – La détention provisoire

§ 2 – Les atteintes à la sûreté sans jugement

A – La rétention des étrangers

1° - Entrée sur le territoire et zone d’attente

2° - Sortie du territoire et centre de rétention administrative

B – L’hospitalisation des malades mentaux sans leur consentement

C – La rétention de sûreté


CHAPITRE 5. LA LIBERTÉ D’ALLER ET VENIR


SECTION 1. LA LIBRE CIRCULATION DES NATIONAUX

§ 1 – Le droit de circuler sur le territoire

A – Les arrêtés « anti-mendicité »

B – La circulation des « hooligans »

C – Les mesures de « couvre-feu »

D – La circulation des gens du voyage

§ 2 – Le droit de quitter le territoire


SECTION 2   LES RESTRICTIONS A LA CIRCULATION DES ÉTRANGERS

§ 1 – L’entrée sur le territoire

A – Les titulaires d’un droit d’entrée en France

1° - Les ressortissants de l’Union européenne

2° - Les titulaires de la qualité de réfugié

B – Les étrangers soumis au régime préventif

1° - Les conditions d’entrée sur le territoire

2° - La régularisation des étrangers

3° - La réserve d’ordre public

§ 2 – La sortie du territoire

A – L’étranger en situation irrégulière 

B – L’étranger, menace pour l’ordre public : l’expulsion

C – L’étranger condamné : L’interdiction du territoire français

D – L’étranger demandé par un autre État

1° - L’extradition.

2° - Le mandat d’arrêt européen


CHAPITRE 6 LE DROIT DE PROPRIÉTÉ


SECTION 1 CONSÉCRATION DU DROIT DE PROPRIÉTÉ

§ 1 – Le droit de propriété et les valeurs libérales

§ 2 – La dilution du droit de propriété


SECTION 2 LES ATTEINTES AU DROIT DE PROPRIÉTÉ

§ 1 – La privation de propriété

§ 2 – Les restrictions à l’exercice du droit de propriété


CHAPITRE 7 LE DROIT A L’INTÉGRITÉ de la PERSONNE


SECTION 1 LE DROIT HUMANITAIRE

§ 1 – La torture

§ 2 – Les « peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants »

A – Définition

B – Champ d’application

1° - Les personnes privées de liberté

2° - Les traitements infligés par des personnes privées

3° - Les traitements inhumains et dégradants potentiels

§ 3 – Crimes contre l’humanité, génocides et crimes de guerre

A – Définitions

1° - Le crime contre l’humanité

2° - Le génocide

3° - Le crime de guerre

B – La répression

1° - Les juridictions créées a posteriori

3° - La Cour pénale internationale (CPI)


SECTION 2. LE RESPECT DU CORPS HUMAIN

§ 1 - Le droit à la vie

A – La protection de la vie humaine

1° - Les personnes sous la garde de l’État

2° - Les victimes de l’inertie des autorités

3° - Les victimes du changement climatique

B – La peine de mort

C – La mort, conséquence d’un recours à la force

§ 2 – L’inviolabilité du corps humain

A – Une agression commise par autrui

1° - Le suicide : le devoir de prévention de l’État

2° - Le droit de mourir dans la dignité et l'aide à mourir

B – L’inviolabilité de l’espèce humaine

1° - L’identité génétique

2 ° - Les manipulations génétiques

3 ° - Le clonage

C – Les atteintes licites à l’inviolabilité

1° - La sauvegarde de la personne

2 ° - L’intérêt de la recherche : l’expérimentation

§ 3 – Indisponibilité du corps humain

A – L’esclavage

B – Gestation pour autrui et intérêt de l’enfant

C – Les organes et produits du corps humain


SECTION 3   LES DROITS ATTACHÉS À LA PROCRÉATION

§ 1 – Le droit de ne pas avoir d’enfant

A – Le contrôle des naissances : La contraception

B – Le refus de procréer : L’interruption volontaire de grossesse

§ 2 – L’assistance médicale à la procréation (AMP)

A – Un « projet parental »

B – L’interdiction de la conception post‑mortem


CHAPITRE 8. LES LIBERTÉS DE LA VIE PRIVÉE


SECTION 1 LA SANTÉ ET L’ORIENTATION SEXUELLE

§ 1 – Santé et droit à un environnement sain

§ 2 – L’orientation sexuelle

A – L’identité homosexuelle


SECTION 2   LA FAMILLE

§ 1 – La liberté du mariage

A - L’ouverture du mariage aux couples de même sexe

B - Mariage et ordre public

1° - Les « mariages blancs »

2° - Les mariages forcés

§ 2 – Le secret des origines


SECTION 3 LE DOMICILE

§ 1 – Le « droit à l’incognito »

§ 2 – Perquisitions et surveillance du domicile


SECTION 4   LE DROIT A L’IMAGE

§ 1 – Principes fondateurs du droit à l’image

A – Lieu de la captation

B – Le consentement de l’intéressé

C – Le débat d’intérêt général

§ 2 – La surveillance par vidéo

A – La vidéoprotection

B – Drones et « caméras augmentées »


SECTION 5 LA PROTECTION DES DONNÉES

§ 1 – L’« Habeas Data »

A - Les devoirs des gestionnaires de fichiers

B – Les droits des personnes fichées

1° - Le droit d’accès et de rectification

2° - Le droit à l’identité numérique

3° - Le droit à l’oubli numérique

§ 2 – La création des fichiers

§ 3 – Le contrôle des fichiers

A – Les fichiers de police

B – Les fichiers de renseignement

§ 3 – Big Data et intelligence artificielle


TROISIEME PARTIE LES LIBERTÉS DE LA VIE COLLECTIVE


CHAPITRE 9 LA LIBERTÉ D’EXPRESSION


SECTION 1 : L’EXPRESSION POLITIQUE

§ 1 – Le droit de suffrage

A – Les titulaires du droit de suffrage

B – Les restrictions au droit de suffrage

C – La campagne électorale et les « Fake News »

§ 2 – Les droits de participation et de dénonciation

A – Les droits de participation

B – Les droits de dénonciation

1° - Les lanceurs d’alerte

2° - Les journalistes et le secret des sources


SECTION 2 LE CHAMP DE LA LIBERTÉ D’EXPRESSION

§ 1 – Une liberté de l’esprit

A – Les atteintes aux droits des personnes

1° - L’injure

2° - La diffamation

3° - La cyberdélinquance et les droits des personnes

B – Les atteintes à la « chose publique »

1° - L’ordre public et la sécurité publique

2° - Les symboles de l’État

§ 2 – Une liberté économique

A – Une histoire différente

1° - La presse

2° - La communication audiovisuelle

B – Les difficultés du pluralisme

1° - Le pluralisme externe

2° - Le pluralisme interne dans la communication


SECTION 3 LES RESTRICTIONS À LA LIBERTÉ D’EXPRESSION

§ 1 – La mise en cause du régime répressif

A – La protection de la jeunesse

1° - Le régime de déclaration 

2° - Le régime d’interdiction 

3° - La protection de la jeunesse sur internet

B – Contrôle et protection d’une industrie : le cinéma

§ 2 – La protection de certaines valeurs

A – La lutte contre les discriminations

B – Le négationnisme et l’apologie de crime contre l’humanité

C – Les lois mémorielles


CHAPITRE 10. LAÏCITÉ ET LIBERTÉ DES CULTES


SECTION 1 LA LAÏCITÉ, PRINCIPE D’ORGANISATION DE L’ÉTAT

§ 1 – Le principe de laïcité dans l’ordre juridique

A – La laïcité, associée au principe républicain

B – Valeur constitutionnelle du principe de laïcité

§ 2 – Le principe de neutralité

A – Des agents publics aux employés du secteur privé

B – Du service public à l’espace public


SECTION 2   L’exercice du culte

§ 1 – L’organisation des cultes

§ 2 – La police des cultes

A – La fermeture des lieux de culte

1° - Le terrorisme et l’ordre public

2° - L’urgence sanitaire

B – Les « cérémonies traditionnelles »


SECTION 3. LES DÉRIVES SECTAIRES ET LA PROTECTION DES PERSONNES

§ 1 – Une définition fonctionnelle

A – L’approche européenne : « une religion qui a réussi »

B – Le droit français : la « dérive sectaire »

§ 2 – La protection des personnes

A – Le droit pénal

B – Les structures d’information et de prévention


CHAPITRE 11 LA LIBERTÉ DE L’ENSEIGNEMENT


SECTION 1 L’ENSEIGNEMENT PUBLIC

§ 1 – La gratuité

§ 2 – La laïcité


SECTION 2 L’ENSEIGNEMENT PRIVÉ : AIDE ET CONTRÔLE DE L’ÉTAT

§ 1 – L’aide de l’État

§ 2 – Le contrôle de l’État



CHAPITRE 12  LE DROIT. DE PARTICIPER A DES GROUPEMENTS


SECTION 1 LES GROUPEMENTS OCCASIONNELS

§ 1 – La liberté de réunion

A – La place de la liberté de réunion dans la hiérarchie des normes

B – Un régime juridique libéral

§ 2 – La liberté de manifestation

A – Une liberté hybride, entre la liberté de réunion et la liberté d’expression

B – Le régime de déclaration préalable

C - La prégnance de l’approche pénale


SECTION 2 LES GROUPEMENTS INSTITUTIONNELS

§ 1 – Les associations

A – La consécration de la liberté d’association

B – Le régime juridique des associations

1° - Le droit de constituer une association

2° - Le droit d’adhérer ou de ne pas adhérer à une association

3° - La dissolution des associations

§ 2 – Les syndicats

A – La liberté syndicale, liberté de la personne

B – La liberté de l’organisation syndicale


CHAPITRE 13. LES LIBERTÉS. DE LA VIE ÉCONOMIQUE ET DU TRAVAIL


SECTION 1. LES LIBERTÉS DE L’ENTREPRENEUR

§ 1 – La liberté du commerce et de l’industrie

A – Un principe général du droit

B – Un contenu défini par les restrictions apportées à la liberté

§ 2 – La liberté d’entreprendre

A – L’intégration dans le bloc de constitutionnalité

B – Le contenu de la liberté d’entreprendre


SECTION 2   LES LIBERTÉS DU SALARIÉ

§ 1 – Le droit au travail

A – La liberté du travail

B – Le droit à l’emploi

§ 2 – Les droits dans le travail

A – Le droit à la négociation collective

B – Le droit de grève